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Le monde est merveilleux, abominable, magnifique, immonde, insensé, ridicule, mais toujours surprenant. En voici quelques preuves, mes « curiosités géographiques », glanées ça et là sur la toile. Beaucoup sont vraies, certaines sont presque vraies, certaines complètement fausses, mais après tout, tellement ténue est la frontière entre réalité et imaginaire, on a bien le droit aussi de rêver un peu. Peut-être même est-ce une obligation, une question de survie ?

Dans mon coffre au monde, j’ai presque 300 instantanés qui dorment. Des clins d’œil, des fulgurances, des occasions de s’émerveiller. Théoriquement, je n’ai pas le droit de les diffuser. Elles ne m’appartiennent pas. En effet, je n’ai fait que les voler, les annoter, les interpréter.

Alors voilà des images volées au monde, et pour lesquelles j’ai écrit quelques lignes, des bribes d’histoires, des début de quelque chose, ou de n’importe quoi… Attention ce que j’écris est parfois vrai, et c’est encore plus fou ! Dès que j’ai une once de courage et un poil d’imagination, je tente de trouver la petite histoire qui va avec l’image. Quand je serai vieux, j’en ferai un livre… Mais non, je déconne : je ne serai jamais vieux !

Merci aux photographes et graphistes que je pille lamentablement d’avoir si bien titillé mon imagination.. J’ai trouvé quelques-unes de ces perles, entre autres, sur les sites : Thisiscolossal, 2toutderien, Kuriositas, Bored panda, La Boite Verte, Fubiz, et hélas, désormais arrêté (mais dont on peut consulter les archives), l’excellent aprèslapub ; ainsi que sur les sites photos du Guardian, de The Atlantic et bien évidemment, du National Geographic, dont on ne louera jamais assez l'excellence… Les histoires qui vont avec, elles, sont sorties de ma tête, ce qui est problématique pour faire un lien !!! 

Mais je confirme définitivement : géographe est bien le plus beau métier du monde… après enfant !

troll

VILLAGE TROLL - Finlande

Lat : 63°35'37.87"N – Long : 22°27'47.80"E

De sérieux doutes persistent dans la communauté des archéologues (notamment scandinaves) sur l’authenticité de ce que le folklore local de la région d’Ostrobotnie Centrale a baptisé « village troll ». Pour certains il s’agirait de formes archaïques de termitières adaptées aux grands froids, pour d’autres de simples phénomènes géologiques d’érosion. Toujours est-il que les dernières fouilles menées par une équipe d’Helsinki ont mis à jour des os de petits rongeurs, d’oiseaux et de batraciens, ce qui, de toute évidence, constituait la base de la nourriture des trolls des marais au XIIème siècle. Ces hypothèses sont également corroborées par des traces et des entailles en forme de croix sur certains os, traces caractéristiques des dents de trolls. Si ces indices sont reconnus (des fouilles complémentaires ont été demandées et une expertise scientifique internationale nommée), il s’agirait du seul vestige connu au monde de village Troll. La zone qui s’étend sur près de 2 km² dans la baie de Monafjard  à environ 45 km au nord-est de Vaasa) a été classée de première importance scientifique et totalement interdite au public.

En savoir + : Article de l’équipe finlandaise  Troll kylä: Kaikki tämä on vitsi  - In Archeological Scandinavian Review – n°57 - 2016

obscuro

PAÏS OSCURO - Amérique Centrale – Vue satellite

Lat :  8°41'50.25"N – Long : 82°56'49.38"O

Peu de gens le savent, mais le soleil ne brille pas toujours pour tout le monde, au sens propre du terme ! En effet, au sud du Costa-Rica se trouve une zone géographique d’environ 50 km² que les populations amérindiennes nomment « Païs Oscuro » ou « Tierra Maldita » se situant très exactement dans le cône de la lune plus de 20 jours par mois, obscurcissant le soleil dans une éclipse quasi permanente. Une zone étonnamment froide (pourtant située sous les tropiques), dépourvue de végétation arborée, où quelques rares espèces animales de type cavernicoles y subsistent dans une pénombre perpétuelle quand ce n’est pas dans le noir absolu. De fait, les populations locales ont totalement déserté la zone, longtemps territoire de croyances païennes et de dieux maudits (en témoigne encore les bas-reliefs précolombiens de Téotoiletl et Tapalcaca). Désormais, la région est une énorme plaque tournante du trafic international de toute l’Amérique Latine en direction des États-Unis et de Canada, au point qu’un projet est à l’étude pour « éclairer » artificiellement le païs oscuro par de gigantesques miroirs placés en orbite. À ce jour cependant, aucun pays ne s’est engagé à prendre en charge le coût faramineux de l’opération.

En savoir + : N° spécial de Courrier International  2015

nara

NARA - Japon

Lat :  34°41'4.94"N – Long : 135°50'36.49"E

A une quarantaine de kilomètres, au sud de Kyoto , la petite ville de Nara a été la capitale du Japon au VIIIe siècle, mais ça n’est pas pour ça qu’elle est mondialement connue. Elle abrite un parc naturel « le parc aux cerfs sacrés » de 500 hectares, non clôturé et où les cerfs « sika », habitués à la présence humaine, vivent en totale liberté et sérénité, pas seulement dans le parc mais aussi dans la ville. Les touristes affluent et peuvent acheter des shika senbei, véritablement "croquettes pour cerf" et s’offrir les photos les plus incongrues.

Hélas, ils sont désormais plus d’un millier, et les « nuisances » se multiplient au point que certains habitants de Nara commencent à demi-mots à se plaindre de l’espèce devenue presque « nuisible » comme les pigeons à Venise ou les rats à… Paris. Le problème principal désormais, comme les vaches « sacrées » en Inde, c’est : comment contenir la population de daims sans risquer de fâcher les dieux. N’oublions pas que jusqu’à la moitié du XVIIe siècle, tuer un cerf Sika (cervus nippon) au Japon était passible de la peine de mort ! Désormais les cervidés ne sont plus les « messagers des dieux » mais juste « trésor national ». Personnellement, j’avoue que l’idée de voir un chasseur français condamné à se faire hara-kiri pour avoir dégommé un chevreuil ne me déplait pas complètement...

En savoir + : Office du tourisme de Nara

lune

LA LUNE – Arizona

Lat :  35°19'22.51"N – Long : 111°31'4.58"O

Vous voulez aller marcher sur la lune ? Rien de plus simple : Files aux États-Unis, rendez-vous à Flagstaff en Arizona, sortez de la ville par le nord et après quelques kilomètres, sur votre droite, vous trouverez Cinder Lake et les « Fields of the moon ». Garez-vous. Vous vous trouverez alors sur la reproduction exacte de la Mer de la Tranquillité. Il s’agissait, dans les années 1960, d’entrainer les astronautes aux conditions topographiques qu’ils allaient rencontrer sur le satellite naturel de la Terre. A grands coups de déforestation et d’explosifs (13 tonnes quand même, les ricains ne font pas les choses à moitié !) pour simuler les cratères, les ingénieurs de la NASA se sont ingéniés (d’où leur noms !) à reproduire à l’identique le site d’alunissage d’Apollo 11, les crottes de lapins en plus.

Et, en effet, le 20 juillet 1969, Neil Amstrong, après avoir arpenté en long, en large et en travers les faux cratères de Cinder Lake (Arizona), posa le pied sur la Mer de la Tranquillité (Lune), la vraie cette fois, mais déjà « habitué » au paysage qu’il parcourait. En même temps, il venait de passer 4 jours dans une boite de conserve avec Aldrin et Collins, on comprend qu’il avait besoin de se dégourdir les jambes ! Ce que l’histoire ne dit pas c’est s’il avait réussi à faire une photo d’un lever de lune sur la terre avant de faire l’inverse. Mais la reconstitution était tellement réaliste qu’elle a fortement contribué à ce que 20% des américains pensent que l’homme n’a, en réalité, jamais marché sur la lune (avec d’autres arguments plus ou moins foireux). Bon, en même il parait que 16% de la population à des doutes sur la rotondité de la terre, alors, comme disait Einstein : « Seules deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine, et en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue. »

En savoir + : Archives de la NASA

ange

PÊCHE À L’ANGE - Islande – Sauðárkrókur, Akureyri, Húsavík

Lat : 65°44'27.40"N – Long : 19°38'25.71"O

Bien qu’unanimement condamné par la communauté internationale (à part le Japon et l’Arabie Saoudite), la pêche à l’ange est une pratique barbare qui perdure en Islande, en particulier dans les ports du nord de l’île à la limite du cercle polaire. Sous prétexte qu’il s’agit d’une pêche traditionnelle ancestrale (certains historiens parlent d’indices probants vers 930 ( ?)), les islandais profitent surtout de cette pêche hivernale (période d’hibernation des anges) pour dégager des profits faramineux de leurs captures : les plumes, les pieds, les mains et même les yeux d’anges se négocient à prix d’or sur les marchés chinois et coréens. Les statistiques (officielles) annoncent 153 individus pêchés en 2015, 141 en 2016 et 112 en 2017. Toutes les tentatives pour sauvegarder l’espèce en captivité ayant échoué, les spécialistes annoncent une disparition totale des anges avant 2020. Triste bilan après la raréfaction alarmante des trolls de forêt en Scandinavie et en Allemagne et, rappelons-le, l’extinction de la dernière fée (en Moldavie) en 2012.

En savoir + : MSFI – Mouvement pour la Sauvegarde de la Faune Imaginaire

pyramidedakota

LA PYRAMIDE DE LA FIN DU MONDE – Dakota

Lat :  48°35'19.91"N – Long :  98°21'22.19"O

Attention, là on ne rigole plus : Au beau milieu des États-Unis et tout près de la frontière canadienne se trouve le Stanley R. Mickelsen Safeguard Complex, autrement dit le “Complexe de protection Stanley Mickelsen (un ex-général de l’armée ayant plus ou moins brillé pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais là n’est pas notre propos !). Au milieu de ce complexe s’épanouit une impressionnante pyramide tout droit sortie d’un mauvais nanar de Science Fiction ou d’une civilisation ancienne qui aurait mal tournée. En effet en 1975, date de sa construction, les ricains ont encore le doigt sur la gachette par rapport aux russes et imaginent ce complexe décomplexé contenant radar surpuissant pour surveiller l’approche des missiles “ennemis” et une batterie assez phénoménale de bombinettes en réponses éventuelles à l’agressivité soviétique : 30 missiles nucléaires longue portée, 30 missiles plus classiques et quelques pétards supplémentaires, soit au total, la possibilité de rayer l’URSS, mais aussi la planète, de la carte de l’univers une bonne quinzaine de fois. L’idée n'était pas mauvaise, et le site devint opérationnel le 28 septembre 1975… et désactivé le… 10 février 1976. Quelques généraux déçus jugèrent que le Congrès qui refusait d’allouer des subsides au programme n’avaient, dixit, “rien dans la culotte” ; les russes n’avaient pas très envie non plus d’aller faire les malins chez les bouseux du Dakota et le mur de Berlin finit par tomber, mais plus tard...

Le site existe toujours, et la pyramide de l’apocalypse effrite patiemment son béton (armé lui !) aux vents du Dakota, attendant un ennemi qui ne viendra plus, tel le commandant Drogo du « Désert des Tartares ». Si l’envie vous prend, par hasard, de passer du côté de Nekoma dans le nord Dakota, faites un léger détour, et en escaladant la pyramide, vous pourrez toujours tenter vous aussi d’atteindre les sommets de la connerie humaine !

En savoir + :    Stanley R. Mickelsen Safeguard Complex

minevenise

MINERIA DI VENEZIA - Italie

Lat : 45°26'21.89"N – Long : 12°19'53.99"E

Voici une des très rares photos d’une activité extrêmement lucrative (mais désormais interdite) que seuls les vénitiens connaissent sous le nom de “Mineria di Venezia”, la mine de Venise. En fait de mine, il s’agit plus d’une récolte réalisée deux fois par an dans différents canaux des quartiers nord de Venise entre le milieu de XIXème siècle et 1982, date de l’interdiction définitive. Profitant des marées très basses, les vénitiens asséchaient les canaux quelques heures et récupéraient les boues et vases accumulées en cours d’année. Après tri, filtration et nettoyage, ils en extraient de véritables trésors qui parfois faisaient leur fortune : bijoux en or, monnaies, objets perdus et dont la restitution était « négociée » à prix d’or et tout ce qui avait pu tomber à l’eau au passage des milliers de touristes dans les gondoles vacillantes. Le moindre clapot, parfois un peu « aidé » par les gondoliers contribuait fortement aux pertes irréparables et aux souvenirs cuisants de visiteurs insouciants. En 1982, devant le nombre alarmant de plaintes des touristes et le trafic incessant auquel se livraient vénitiens, gondoliers, revendeurs (pour la plupart issus de la mafia napolitaine), l’État italien décida de mettre fin définitivement à la pratique. Cependant, pour ne pas qu’une fois encore l’Italie soit montré du doigt sur ses pratiques mafieuses, les autorités décidèrent que la pratique serait interdite en raison d’une fragilisation excessive des soubassements des bâtiments à force de creusement. Un petit musée dédié à ouvert derrière la place St Marc. Peut-être y retrouverez-vous la gourmette de pépé perdue en 1972 ?

En savoir + : https://www.e-venise.com/musees-venise.htm

cooberpedy

COOBER PEDY – Australie

Lat :  29° 0'51.67"S – Long :  134°45'19.08"E

Coober Pedy est un village de 1916 habitants (2016) perdu au fin fond de l’Australie méridionale qui a deux particularités : c’est la capitale mondiale de la production d’opale et c’est un village situé à plus de 80%...sous terre. Ce que le visiteur découvre en arrivant à Coober Pedy, ce sont essentiellement les cheminées d’aération des habitats troglodytes, perdues au milieu des sables du désert où les températures dépassent régulièrement les 45°. Les premiers mineurs occidentaux y sont venus s’installer dès 1916 avec une seule idée en tête : creuser, creuser et creuser encore pour trouver la précieuse opale. L’esprit humain étant ce qu’il est, une idée s’est très vite répandue : ah quoi bon entrer et sortir des mines matin et soir pour affronter les morsures du soleil aborigène. Ainsi, peu à peu, les travailleurs du sous-sol, sont restés dans le sous-sol, bâtissant leurs logements au gré des galeries abandonnées et même, quand d’autres regardent la télé ou lisent le soir, continuant, de-ci de-là à donner quelques coups de pioche dans le salon ou la cuisine. Sous terre, à Coober Pedy, on trouve désormais un restaurant, une église et même un cimetière, les fossoyeurs ayant peu de travail !

Plus inquiétant, des études réalisées par la prestigieuse Medicine University of Sydney sur un échantillon représentatif de la population de Coober Pedy montre des dégénérescences importantes de la vision diurne au profit de capacités amplifiées à discerner les vibrations sur près de 60% des individus. De plus, il semblerait qu’une dépigmentation anormale se produise chez les enfants de moins de 5 ans du village avec une prédisposition à digérer la chitine des insectes.Le terme de Coober Pedy vient directement d’un mot aborigène local Kupa Piti signifiant « le trou de l'homme blanc »…

En savoir + : La page Facebook de Coober Pedy

sabah

LE LAC D’AIR DE SABAH - Malaisie

Lat :  5°58'55.74"N – Long : 116° 5'30.03"E

Tout au nord de l’île de Bornéo (mais appartenant à la partie malaisienne de l’île) se trouve l’état de Sabah, coincé entre le Mont Kinabalu à plus de 4 000 m d’altitude et les eaux poissonneuses du Lahad Datu. C’est une région sublime, encore préservée du tourisme de masse… plus pour très longtemps. Outre les somptueux paysages, les jungles farouches et les plages endormies qui foisonnent, un étrange phénomène s’y cache, a priori unique au monde, connu sous le nom de « lautan sabah » littéralement « le lac d’air de Sabah ».

Il s’agit d’une poche de quelques centaines de mètres carrés d’un air si dense qu’on peut y naviguer. L’impression est sidérante, puisque les barques qui s’y engagent semblent flotter dans le vide, dans une pureté absolue. Le lac qui fait environ 1,5 m de profondeur a une densité très proche celle de l’eau, mais, pas complètement : seuls les individus qui pèsent moins de 30 kg peuvent s’y aventurer sans « couler ». Le lac de Sabah est donc devenu, au fil du temps, le terrain de jeu préféré des jeunes enfants de la région, profitant du fait que les adultes ne peuvent les y rejoindre. Aussi, en fin de journée, après l’école et surtout le week-end ou pendant les vacances scolaires, les photographes affluent pour immortaliser d’irréelles images d’enfants délivrés du poids du quotidien.

En savoir + : The incredible Phenomenon of Sabah Air Lake – Francis C. Williams – 2017 – Journal of hydrology

mirror

MIRROR ISLAND - Corée du Sud - 미러 섬

Lat : 34°48'44.66"N  - Long : 128°32'17.19"E

La Corée du sud détient le record mondial du nombre de jumeaux. Près de la 20% de la population coréenne est issue de jumeaux, une particularité génétique et sociale qui pose un vrai problème du statut quasi sacralisé de la gémellité au sein de la société coréenne contemporaine. En 2010, les autorités décidèrent de dédier spécifiquement une île, anciennement Geojedo sur la côte sud-est du pays, et rebaptisé Mileo Seom, littéralement « île miroir ». Tout ce qui est construit, aménagé, planté, installé à Mirror Island est réalisé en double. On trouve à Mileo Seom ouest très exactement les mêmes conditions structurelles qu’à Mileo Seom est. Quand une nouvelle rue est ouverte d’un côté, elle l’est de l’autre. Si un incendie se déclare naturellement à l’ouest, il est provoqué à l’est. Un système ultra sophistiqué de comparaison entre les deux parties a été mis en place et est géré directement depuis Séoul, avec pour seul objectif : offrir aux jumeaux au même titre que le même patrimoine génétique d’origine, le même contexte culturel, social, éducatif, professionnel. Ainsi les individus placés pour moitié à l’ouest et pour moitié à l’est de Mirror Island peuvent étudier, manger, travailler, dormir… et même mourir très exactement dans les mêmes conditions. Devant le succès du concept et l’afflux de demandes de jumeaux pour venir s’installer à Mileo Seom, y compris d’autres pays d’Asie, les autorités coréennes réfléchissent à étendre l’infrastructure sur une autre île. Il semblerait également qu’un projet soit à l’étude pour les triplés.

En savoir + : Site d’inscription en anglais ( www.mirrorisland.kr)

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BLURRING STREET - Manchester – Grande-Bretagne

Lat : 53°28'55.64"N – Long :  2°14'34.79"O

Cas unique dans l’histoire urbaine : Blurring street ou « rue floue » dans le vieux quartier nord de Manchester. Sur une vingtaine de mètre (du n°2 au n°18) les bâtiments construits sur une poche d’argile extrêmement instable sont soumis en permanence à une vibration (de l’ordre de 5 cm d’oscillation au troisième étage) qui les rend purement et simplement « flous ». Bien entendu, dès la fin de la construction en 1967, les occupants se sont très vite rendus compte de l’impossibilité d’habiter les lieux, mais loin de raser les immeubles concernés, la mairie décida de conserver les ouvrages pour en faire une curiosité touristique quasi unique au monde (avec le « Rocher Tremblant » de Phuket en Thaïlande, le « Temple Hésitant » en Chine du Nord et la « Tour Branlante » de  New York). Parcourir Blurring Street dans son entier en regardant en l’air n’est pas un exercice de tout repos pour qui est facilement sujet à la nausée !

En savoir + : Mairie de Manchester

chocotte

STADE CHOCOTTE - Norvège – Florø

Lat : 61°35'29.88"N – Long :  5° 1'44.36"E

Le monde entier connait Ingmar Peterson, génial milieu de terrain du Barsa, puis de l’Ajax Amsterdam et enfin du PSG où il a terminé sa carrière avec, à son actif, 3 coupes d’Europe et 2 coupes du monde de football. Un palmarès assez incroyable pour un joueur norvégien issu de la petite ville de Florø à l’Ouest du pays. Ce qu’on sait moins, c’est que le joueur, pour remercier ses premiers fans à fait aménager à ses frais un stade digne des plus grandes villes sur la petite commune. La configuration topographique de la ville étant coincée entre mer et à-pics vertigineux au fond d’un fjord, seule la falaise de Slippy a pu accueillir le stade. Le terrain a été construit tant bien que mal à force de millions de couronnes norvégiennes injectés par le joueur, un match inaugural a été joué (70 mn) par quelques casse-cous locaux (et anciens amis de Peterson), qui, au final, a fait 7 morts.

Depuis, le terrain est à l’abandon et rebaptisé « Skremme scenen », littéralement « stade la trouille » (ou « chocotte »). L’histoire n’a pas retenu le score final du seul match joué et Ingmar Peterson a été prié de ne plus remettre les pieds à Florø.  Aux dernières nouvelles des tabloïds anglais, il se serait retiré dans son île privée du Pacifique : Screw You Island.

En savoir + : « Ingman Peterson : la légende nordique » - Glénat – 2015

gravity

GRAVITY HÔTEL - Schwerkraft Hotel - Ulm – Allemagne

Lat : 48°24'7.24"N – Long :  9°59'30.60"E

C’est sans aucun doute l’un des fleurons du catalogue Booking en ligne (et peut-être le seul véritable intérêt d’aller à Ulm !) : l’hôtel Gravité. Durant la guerre froide, un physicien allemand (Dietrich Beunruhigt) mis au point secrètement pour le compte de la Stasi, un générateur antigravitationnel capable de fonctionner sur une surface de quelques centaines de m². En 1989, à la chute du mur de Berlin, son fils ainé, récupéra l’invention bizarrement tombée dans l’oubli (d’après les historiens il semblerait que l’invention n’ayant pas une application militaire directe, les autorités de l’époque s’en soient désintéressées) . Mariée à une riche rentière d’Ulm, il eut l’idée d’appliquer la découverte de son père à un vieil hôtel sur le point d’être détruit. Ainsi naquit l’hôtel Gravité, 38 chambres tout confort, 3 suites avec terrasse privative, restaurant (déconseillé par les guides). Compter de 80 à 250 euros selon la saison, forfaits week-end. Attention : un certificat médical vous sera demandé lors de la réservation et il faut savoir que l’utilisation des toilettes n’est autorisée qu’à certaines heures qui peuvent varier en fonction des mouvements de l’hôtel (renseignez-vous à l’arrivée).

En savoir + : Booking

levitie

LÉVITIE - [Lat. Levitas - “légèreté”] - Левитация - Estonie Septentrionale - Comté de Harju

Lat :  59°28'18.69"N - Long : 25°18'36.74"E

Le petit village de Lévitie en Estonie septentrionale ne compte qu’une dizaine  d’habitants à l’année (pour la plupart d’origine russe), mais attire de nombreux touristes de toute l’Europe du Nord au solstice d’hiver. En effet, dans la journée du 21 décembre (mais parfois du 20 ou du 22) un curieux phénomène géologique se produit chaque année : pendant quelques heures (en général aux premières lueurs de l’aube, par temps brumeux), le village, c’est-à-dire l’église, les quelques maisons qui l’entourent et la végétation proche, se soulèvent du sol sur 6 à 10 m de haut.

Le phénomène est connu depuis le Moyen-Âge, mais demeure toujours un mystère pour les scientifiques. Si les natifs du village se contentent de rester chez eux le temps de la “lévitation”, l’attraction spectaculaire est désormais inscrite à toutes les agences touristiques d’Estonie.

En savoir + : Office du Tourisme d’Estonie

neverland

NEVERLAND - Philippines

Lat :  11°49'12.16"N – Long : 124°41'38.41"E

Tout le monde connait l’île des garçons perdus, plus connue sous le nom de « Pays Imaginaire », encore plus connue sous le nom originel de « Neverland », une île décrite dans la pièce de J.M. Barrie en 1902 et qui conte les aventures de Peter Pan. Pendant plus de 70 ans, chacun s’accordait à penser que Neverland était uniquement née de l’imagination fertile de J.M. Barrie, Peter Pan lui-même la situant « deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin ». Puis arrivèrent les premiers satellites d’observation de la terre vers le milieu des années 1970 (soit près de 40 ans après la mort du romancier !) et quelle ne fut pas la surprise d’un télédétecteur de la NASA qui, tentant de répertorier les 7 000 îles de l’archipel philippin grâce aux données Landsat, tomba sur une image en tous points semblable à la description de Barrie : la lagune aux sirènes, la pointe des indiens avec leur campement, la forêt abritant Peter et ses amis, et même la baie où est ancré le bateau du Capitaine Crochet. Nul doute, c’était bel et bien Neverland ! Bien évidemment, l’ingénieur eut un mal fou à convaincre ses supérieurs de sa découverte et ses observations furent méticuleusement vérifiées et revérifiées, pour être, au final, enterrées… La lune était déjà loin pour la NASA et l’ère des satellites commerciaux de télécommunication s’annonçait. Il n’y avait plus de place pour la diffusion de ce genre d’information dans la politique spatiale américaine des années 1980.

Si vous avez la chance de vous rendre du côté de Tacloban sur les Visayas Orientales aux Philippines, un soir, essayez de trouver un petit bateau pour vous emmener dans l’île du rêve, deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin. Et si vous croisez Peter, passez-lui le bonjour de ma part…

En savoir + : Site Les ailes du voyage : http://www.visit-philippines.fr

fatamorgana

FATA MORGANA – Mer Baltique

Lat :  58°29'16.63"N – Long :  19°51'47.81"E (entre autre...)

Sous ce nom qui fait rêver se cache un phénomène optique assez extraordinaire. Lorsqu’une couche d’air froid recouvre une couche d’air chaud (ou l’inverse et on parle alors de « mirage »), se produit un phénomène de réfraction d’objets donnant l’illusion à l’œil d’être positionné non seulement à un endroit où il ne sont pas, mais également comme suspendus. C’est ce phénomène qui a donné naissance à la légende du « Hollandais volant », ce bateau fantôme suspendu entre le monde des vivants et des morts et apparaissant dans les eaux froides du nord aux marins  égarés.

Mais il est une autre explication, plus poétique au phénomène : Il y a bien longtemps, une magicienne, dotée de pouvoirs fabuleux avait la capacité de soulever les palais et les empires, de déplacer les montagnes par sa simple volonté et de les suspendre au dessus des flots (voir à ce sujet « Lévitie »). Mais personne ne s’intéressait à ses formidables pouvoirs qu’elle était pourtant prête à mettre au service d’un roi ingrat, ignorant son amour éperdu. De tristesse, la magicienne hante désormais les mers au-delà des royaumes de Bretagne, jouant des tours aux navigateurs solitaires. L’amour n’est pas le seul à être une illusion… Le roi dédaigneux s’appelait Arthur et la magicienne la Fée Morgane…Fata Morgana.

En savoir + : Article Wikipedia

puertaeden

PUERTA DEL EDEN – Mexique

Lat :  20°39'39.65"N – Long :  88°33'1.58"O

Les cénotes sont une des curiosités géologiques les plus célèbres du Mexique. Dans le Yucatan, se sont formées de vastes cuvettes d’effondrement (dolines) dans le socle calcaire de la péninsule, laissant découvrir, au milieu de la forêt encore vierge, des puits circulaires souvent envahis par les eaux douces, parfois par les eaux marines. Lieux sacrés chez les mayas, ces puits sont référencés par dizaines, mais il en existe probablement des centaines, d’à peine un mètre à plusieurs centaines de mètres de circonférence pour les plus célèbres. Les meilleurs plongeurs spéléologues viennent du monde entier pour explorer ces cavités parfois très profondes, parfois reliées entre elles comme créant un immense réseau souterrain sur une partie du plateau du Yucatan. Pour le touriste en mal de sensations fortes, un bain dans un cénote envahi de végétation et dont le fond se perd dans les profondeurs de la terre est une expérience unique. Mais il est un cénote dans lequel, auquel humain n’a encore osé s’aventurer. Au cœur même de la forêt, à environ une centaine de kilomètres à l’Est de Mérida, on peut trouver le cénote « Puerta del Eden ». Ceux qui y sont allés (et leurs photos en témoignent), jurent qu’au fond du puits ça n’est pas l’eau noire qu’on aperçoit, mais bien, par un phénomène optique encore inexpliqué, un ciel lumineux et vaporeux. Impossible de voir le fond et quand on y jette une pierre, nul bruit de contact avec de l’eau ou de la roche comme si… le cénote n’avait pas de fond. A la sensation naturelle de peur qui vous envahi quand on approche un cénote "classique", il semble bien que l'effet soit inverse à la Puerta del Eden, une étrange impression de calme, de plénitude et de bonheur parcoure la personne qui y plonge le regard.

Un programme international exploratoire, en cours de montage, est pour l’instant dans l’impossibilité de réunir des financements. De plus, le Vatican a fait savoir qu’il s’opposerait fermement à toute tentative de pénétration dans la Puerta Del Eden.

En savoir + : Carte des cénotes du Yucatan

petitspois

RÉCOLTE DES PETITS POIS - Chine

Province de Lianoning – Nord-Est de la Chine

Lat : 39° 48′ 07″ N - Long : 121° 28′ 30″ E

Dans le nord-est de la Chine, plus précisément au pied de la centrale nucléaire de Hongyanhe, les actions combinées de la centrale thermique proche, des retombées radioactives de la centrale et des différents polluants atmosphériques permettent désormais à l’agriculture locale de prendre un nouvel essor. Ainsi, pour la traditionnelle culture du petit pois (Pisum sativum), le rendement annuel est passé de 700 kg à l’hectare (au début des années 2000) à près de 450 tonnes à l’hectare aujourd’hui. La mécanisation n’a malheureusement pas suivi et le paysan chinois est toujours obligé de faire sa récolte à la main avec des cosses (comme sur l’image - aimablement fournie par le Gouvernement Chinois, que nous remercions) qui parfois avoisinent les 35 kg pièce. Le gouvernement s’est félicité de ces résultats qui mettent la Chine en tête des pays producteurs et exportateurs de petits pois. L’Union Européenne n’a pas jugé bon d’interdire leur importation laissant à chaque pays membre le choix de son approvisionnement. Cependant, en Europe, le consommateur n’étant pas habitué à des petits pois de ce gabarit, l’essentiel des importations est transformé en soupe en briques. Un curieux phénomène est apparu lorsqu’on réchauffe ces soupes (par ailleurs délicieuses), elles ont la capacité de briller dans le noir. Étonnant et un excellent motif ludique pour faire aimer la soupe aux enfants récalcitrants !

En savoir + : le site du distributeur français

kiska

KISKA – îles aléoutiennes

Lat :  51°57'52.70"N – Long : 177°32'20.74"E

L’île de Kiska ne vous dit sans doute pas grand-chose.  Perdue au milieu des brumes du grand nord, à peine 35 km de long sur quelques kilomètres de large, elle fait partie des îles Rat dans les Aléoutiennes (la cédille de l’Amérique du Nord !), au bout du bout de l’Alaska, autant dire au bout du monde. Et pourtant, au matin du 6 juin 1942, 500 soldats japonais débarquèrent à Kiska, bien décidés à « envahir l’Amérique », mais par la petite porte. les seuls habitants de l'île, un détachement de dix hommes et six chiens du service météorologique de l’armée, ont été pris par surprise, sans combattre. Mai 1943 (presque un an après !), les troupes américaines, débarquent à leur tour bien décidées à venger l’offense et à reprendre en force ce petit bout d’USA. La « bataille de Kiska » fera plus de 300 morts ! Mais pas à cause des japonais qui étaient partis une semaine plus tôt, profitant des brumes. Non, les seules pertes de l’armée américaine seront dues au froid, aux pièges laissés par les japonais dans l’île et aux erreurs de tirs. Ce sera la première, et la dernière fois que le Japon aura réussi à envahir l’Amérique !

Aujourd'hui, l'île est l'un des sites historiques nationaux des États-Unis, les conséquences de l'invasion japonaise sont encore visibles sur les flancs des collines de Kiska, le Pearl Harbor de l’Alaska. S’il vous prend l’idée d’aller y faire un tour, je vous conseille cette croisière de 29 jours proposée par la société Sylversea, qui part justement des côtes japonaises (Hokkaido) pour rejoindre le Canada en passant par Kiska. Il faudra débourser la modique somme de 20 000 euros minimum par personne. A ce prix là, on espère que la brume sera levée…

En savoir + : Croisière à Kiska

chasseursoffr

CHASSEURS D’OFFRANDES - Indonésie

Lat :  7°56'28.31"S – Long : 112°57'16.56"E

Chaque année, lors des festivités de Yadnya Kasada, des membres de la tribu des Tengger venus de l'arrière-pays de l’île de Java, jettent des fruits, des légumes, des fleurs et parfois des animaux vivants, chèvres ou poulets, dans la gueule du volcan Bromo, en offrandes aux dieux. D'autres habitants, qui n'appartiennent pas à cette tribu, ont pris l'habitude de s'installer en contrebas, sur les flancs du cratère pour tenter d'attraper les offrandes à l'aide d’épuisettes. Les pauvres font des offrandes aux dieux, qui ne bénéficient qu’à des plus pauvres qu’eux, si ceux-ci ne se tuent pas en tombant dans la gueule du volcan, devenant à leur tour des offrandes aux dieux, a priori, autrement plus efficaces que des légumes avariés, des poulets faméliques, ou des restes de riz trop cuit ! Et c’est alors qu’a muri chez certains Tengger une idée pas si folle mais terriblement cynique et qui désormais se répand dans toute la communauté : jeter des offrandes quasi factices, de telle manière que l’incroyant qui prend le risque de l’attraper tombe à son tour dans le cratère, l’offrande devenant désormais réelle et ô combien spectaculaire.  Parallèlement, le Bromo est devenu un site incontournable du tourisme à Java et certains tours opérators peu regardant, proposent à leurs clients de « jouer » eux aussi à l’offrande aux dieux du volcan. C’est l’occasion pour certains touristes (russes notamment), les jours où les fumerolles ne bouchent pas la vue, de réaliser des photographies spectaculaires de chutes de pauvres dans la gueule du volcan qui font rapidement le tour de la toile.

En savoir + : Article wikipedia

Keyhole

KEYHOLE ROCK – USA

Lat :  34° 0'24.02"N – Long : 119°23'59.42"O

Quittez Los Angeles par le Nord, longez la route de Santa Monica, puis arrivé à Port Hueneme en regardant vers le large, vous verrez un petit chapelet d’îles, ou plutôt de gros cailloux posés sur le Pacifique, les îles Anacapa (Channel Islands) . Au cours de l’hiver californien , vers décembre et janvier, il arrive qu’au coucher du soleil, celui-ci darde ses derniers rayons à travers une étrange ouverture en forme de porte, Keyhole Rock (littéralement « le rocher du trou de serrure »). C’est un rêve pour les photographes amateurs de clichés originaux et spectaculaires, mais pas seulement. Anacapa est le nom d’une ethnie indienne aujourd’hui disparue, mais ayant probablement formé la population originelle de cette côte californienne (d’après les archéologues de l’université de UCLA), en étant descendu par le Détroit de Béring vers -15 000 ans. Ce trou dans le rocher ne serait en rien naturel, et correspondrait à un creusement réalisé par la main de l’homme, au même titre que les observatoires astronomiques préhistoriques découverts un peu partout dans le monde. Mieux, d’après certains spécialistes, le rocher serait bien une porte permettant de relier instantanément différents lieux sur la planète connectés entre eux par une mystérieuse « énergie ». Bien entendu ces hypothèses délirantes de quelques pseudo-scientifiques, gourous échappés de sectes ne sont accrédités d’aucune preuve scientifique mais font vivre le petit commerce sur Internet notamment. En revanche, il semblerait bien, au dire de chercheurs du Griffith Observatory de Los Angeles, dont la réputation ne peut être mise en doute, qu’à certaines dates et heures bien précises (que les autorités ont refusé de fournir au public), au moment du coucher de soleil, à travers les derniers rayons, on puisse distinguer clairement des images du passé, voir même, des vues, furtives, mais saisissantes, du futur. Si vous êtes du côté de Santa Monica au moment des fêtes de fin d’année, tentez votre chance à Keyhole rock !

En savoir + : Les hypothèses des chercheurs du Griffith Observatory

lilliput

LILLIPUT – Îles Coco

Lat :  11°50'6.80"S – Long :  96°49'22.69"E

Eh oui, tout le monde pense que Liiliput est une île imaginaire qui apparait dans le roman de Jonathan Swift « les voyages de Gulliver » en 1721, or cette île est bien réelle. Située entre Sumatra et l’Australie, Lilliput fait partie de l’archipel des îles Cocos (ou Keeling) et Jonathan Swift s’est inspiré d’un fait réel qui s’est développé au cours des siècles avec la colonisation des océans par les populations mélanésiennes, aussi bien vers le Pacifique que vers l’Océan indien. A Lilliput l’île étant tellement petite que naturellement les générations qui se sont succédées ont eu une tendance à rapetisser. On connaissait ce phénomène chez les pygmées africains, chez les lilliputiens il a pris de telles proportions qu’un indigène fait désormais la taille d’un de nos doigts.  Il est exceptionnellement possible de se rendre à Lilliput, mais les conditions sont drastiques et les demandes doivent être faites directement auprès du gouvernement australien, les îles Cocos étant possession extérieure de l’Australie. Par contre, nombre de lilliputiens sont employés à prix d’or dans toute l’Asie notamment pour les travaux en microélectronique.

En savoir + : Carte de Lilliput

mareesdart

LES MARÉES D’ART – Whitehaven Beach - Australie

Lat :  20°16'56.76"S – Long : 149° 2'19.87"E

C’est peut-être une des plus belle plage du monde : Whitehaven beach dans le Queenland, au nord-est de l’Australie. Au bord de la Grande Barrière de Corail, elle est un lieu incontournable pour les amateurs de sable immaculé, mais elle est surtout connue pour d’étranges dessins et arabesques qui s’y forment à certaines périodes de l’année. Si les océanographes et autre géomorphologues n’ont, à ce jour, émis aucune hypothèse scientifique satisfaisante sur l’origine de ces phénomènes, une légende aborigène raconte que l’âme de certains ancêtres qui étaient désignés pour reproduire le pays des rêves sous formes de fresques, de dessins et d’estampes aux mille couleurs se serait dissoute dans l’océan et reviendrait périodiquement, notamment aux marées d’équinoxe, pour dessiner des formes sur les vagues mourantes. On les appelle les marées d’art, ou les marées du temps des rêves. En d’autres termes, ces dessins sur le sable, qui disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus au premier assaut de la marée montante ou des vents côtiers seraient le témoignage fugace de l’au-delà, de l’avant, comme de l’après, du temps des ancêtres, rappel éphémère d’un passé trop vite oublié.

Pour la petite histoire, c’est Whitehaven beach qui a servi de tournage à certaines scènes de « Pirate des Caraïbes. La vengeance de Salazar » (de Joachim Ronning en 2017) notamment celle où Jack Sparrow retrouve ses ancêtres.

En savoir + : Se rendre à Whitehaven Beach – Office de tourisme du Queensland

cabanesauvage

CABANE SAUVAGE – Canada

Lat :  56° 5'41.56"N – Long : 106°23'53.30"O

Si les français « débarquent » au Canada avec Jacques Cartier dès 1534, il faudra attendre le XVIIIe  siècle pour que la conquête du Canada par les européens démarre véritablement. Bien entendu, les premières populations, inuit notamment, avaient conquis le nord de l'Amérique du nord plus de 20000 ans avant J.-C. Mais dans le cas de la domestication des cabanes sauvages qui nous occupe ici, tout est venu des premiers trappeurs français, anglais et hollandais. En effet, les amérindiens, développant notamment les techniques des tipis pour leur habitat nomade (facile à monter, à démonter, à transporter) ne se sont jamais véritablement intéressé aux cabanes sauvages des forêts boréales. A partir de 1760 et surtout du début du XIXe siècle, la poussée colonisatrice des européens vers l’Ouest du continent engendra une capture systématique des cabanes sauvages, qu’elles soient plutôt de tendance grégaire (et facilement déracinables) ou perchées (et plus difficiles à maitriser). La construction de cabanes artificielles demandaient beaucoup trop de matériel et d’efforts, les colons apprirent très rapidement à piéger, déraciner et domestiquer les cabanes. Lorsqu’une caravane de migrants avait la chance de tomber sur un troupeau de cabanes, il ne fallait pas bien longtemps pour faire surgir un hameau, voir même une petite bourgade si le troupeau était important.

Hélas, tout comme il fit disparaitre une très grande partie des populations d’ours, de bisons, ou de tout ce qui portait fourrure ou pouvait être mangeable de tout le continent nord-américain, l’homme détruisit la quasi-totalité des cabanes sauvages du Canada dont il ne subsiste plus désormais que quelques rares spécimens faméliques cloitrés dans des réserves. La dernière des cabanes sauvages à étage s’est effondré il y a une dizaine d’année et le dernier des cabanons s’est immolé par le feu l’année dernière.

En savoir + : Le scandaleux massacre d'une cabane domestiquée (Timelapse Youtube)

canalvent

CANAL A VENT – Kazakhstan

Lat :  47°54'45.91"N – Long :  67°23'58.90"E

Le Kazakhstan est une de ces anciennes républiques soviétiques, immense steppe d’Asie centrale de près de 3 000 km² pour une population d’à peine 18 millions d’habitants. Enchâssé entre la Mer Caspienne à l’Ouest, les montagnes du Khirgizistan au Sud et les hauts plateaux russes au nord, le pays a hérité d’une particularité climatique unique au monde : l’absence quasi-totale d’air durant une bonne partie du printemps et de l’été. Un phénomène anticyclonique bloque les mouvements des masses d’air sur la plaine centrale agissant comme un véritable « aspirateur » sur les milliers de km². Au cours des siècles (et notamment lors des conquêtes d’Alexandre le Grand) des armées entières périssaient, asphyxiées, non pas par la chaleur ou les feux, mais bien par l’absence pure et simple d’air. Le phénomène était connu des populations locales nomades mais nombre d’étrangers y laissèrent leur vie.

Les espaces dangereux étaient tout simplement abandonnés et contournés une grande partie de l’année. Une technique assez simple, dérivée des techniques d’irrigation, se développa alors à partir du XIIe siècle sous la pression démographique : les canaux à vent. D’immenses réseaux bâtis descendaient depuis les montagnes ou les plateaux aérés et la simple gravité apportait des flux d’air dans les zones où il en manquait et des villes comme Astana (la capitale) ou Karaganda ne durent leur survie qu’à ces canaux à vent. Désormais, des techniques beaucoup plus élaborées, notamment à base de ventilateurs/éoliennes géants ont été mis au point (surtout pendant la période soviétique) mais le pays reste encore quadrillé de ces ancestraux canaux à vent qui serpentent, à perte de vue dans toute la steppe d’Asie centrale, au point d’être parfaitement visible depuis la station spatiale internationale.

En savoir + : site officiel du Kazakhstan (attention quelques notions de kazakh nécessaires)

marchanderien

MARCHANDES DE PETITS RIENS – Japon

Lat :  35°37'8.07"N – Long : 139°44'46.52"E

Dans la banlieue de Tokyo, mais aussi d’Osaka et de Nagoya au Japon, il est encore possible de trouver des marchandes de petits riens. A l’époque où les grands groupes internationaux et en particulier asiatiques, se livrent une guerre sans merci sur les dernières nouveautés en matière de smartphone, de voiture ou d’autonomie de batterie, quelques survivantes d’un temps où le temps avait le temps osent encore braver l’ultra modernisme pour proposer aux rares clients intéressés de petits riens. On les appelle les Odosan mama, littéralement les « mères souvenirs ». Dans leurs incroyables boutiques on trouve des stylos machouillés 4 couleurs dont le vert ne marche jamais, des jeux de 32 cartes écornées où il est facile de reconnaitre le valet de pique, des cassettes audio inécoutables à force de s’être dévidées dans le lecteur, des jolies tâches en forme de larmes sur des papiers buvards qui ont trop bu d’encre, des trombones tordus pour éjecter les disquettes… et tout ces petits riens qui, mis bout à bout construisirent des vies du temps où le monde n’était pas numérique.

Parfois, à quelques enjambées des boutiques de marchandes de petits riens, on aura la chance de trouver des stands de pas grand-chose où bégayent maladroitement quelques vieux néons de nostalgie.

Si vous avez la chance de vous rendre à Tokyo, quittez les quartiers touristiques et enfoncez-vous dans les ruelles de Minato près du port. Peut-être aurez-vous la chance de tomber sur ces irréelles boutiques d’Odosan Mama. Prévoyez du liquide car les mères souvenirs n’acceptent pas les cartes de crédit et prenez alors un grand sac que vous remplirez de tous ces petits riens. Pas besoin de parler japonais pour l’occasion. Vous n’aurez qu’à désigner ce que voulez et elles liront dans vos yeux le prix que vous êtes prêt à mettre dans ce petit rien…qui fait tout.

En savoir + : Les bons plans de l'équipe "Vivre à Tokyo"

terraincognita

TERRA INCOGNITA RESIDUELLE – Madagascar

Lat :  24° 3'15.10"S - Long :  43°44'32.63"E

Le terme latin « terra incognita » apparait sur de nombreuses cartes et mappemondes, notamment à partir du XVe siècle pour désigner des zones non encore explorées et découvertes par les occidentaux : les terres inconnues. Ainsi, jusqu’au XVIIIe siècle, voire XIXe, les cartes d’une bonne partie de l’Afrique ou de l’Amérique étaient complètement blanches à l’intérieur, seules les côtes ou le cours des fleuves ayant été reconnus et cartographiés, et ne portaient que le terme « terra incognita ». Parfois l’expression était légèrement précisée « terra australis incognita » pour la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou l’Antarctique. Les siècles passant, les expéditions se succédant, les techniques d’observation et de cartographie s’affinant, il n’y eu bientôt pratiquement plus de « terra incognita », de zone terrestre sur le globe qui ne fut cartographiée dans ses moindres détails.

En 1910, la Royal Geographical Society de Londres, en accord avec les services cartographiques nationaux et internationaux décida de maintenir une très petite zone de la planète dans l’inconnu. C’est-à-dire de ne pas cartographier, décrire ou explorer cet espace pour garder la mémoire du temps où le monde n’était pas fiché, dessiné, répertorié. Le lieu fut choisi dans une région très peu occupée et ayant très peu de chance d’être “utile”, au sud-ouest de Madagascar, dans la province de Toliara. Sur les images satellitales, l’espace survolé est “blanc” et aucune carte au monde, numérique ou papier, ne fait le descriptif de ce qui est present. Mieux, aux abords de la zone, les GPS n’indiquent plus rien. Quelques touristes ont tenté et tentent encore de venir prendre des photos du site (pourtant assez peu connu !) mais leur déception est grande, sur leurs clichés n’apparait que du blanc immaculé avec parfois dans un coin une vague forme où l’on devine  plus ou moins 2 lettres : T.I.

En savoir + : Terra Incognita sur Wiki

hemispherique

Maisons hémisphériques Nord/Sud – MITAD DEL MUNDO – Equateur

Lat :  0° 0'0.00"N – Long :  78°27'28.71"O

Voilà un phénomène dont on parle peu mais qui pourtant est terriblement spectaculaire : le problème du chevauchement de certains maisons sur la ligne d’équateur et en particulier dans la banlieue de Mitad del Mundo, en Equateur. En effet, peu de villes dans le monde sont « réellement » pile sur la ligne d’équateur : la ville de Makoua au Congo, quelques villages en Asie et dans le Pacifique, mais surtout Cuidad Mitad del Mundo dans la banlieue nord de Quito. Or, la pression démographique y est intense. Qui dit équateur, dit hémisphère nord au nord et hémisphère sud au sud, et qui dit 2 hémisphères dit logiquement une orientation « vers le haut » et l’autre « vers le bas ». Les australiens pour nous, en quelque sorte, marchent la tête en bas ! Le problème c’est que parfois, à la frontière même des 2 hémisphères, se crée une discordance majeure, ou plutôt une impossibilité de correspondre aux lois de la physique de son propre hémisphère, un peu comme un gaucher contrarié. Et c’est ainsi qu’on peut rencontrer des « maisons hémisphériques nord/sud », exactement sur la ligne de partage des 2 hémisphères. A l’origine les maisons avaient été construites l’une au « nord » l’autre au « sud », mais à quelques mètres, voire centimètres de la ligne de séparation. Au premier tremblements de terre, très fréquents en Equateur (le séisme de 2016 a fait plus de 700 morts !), les maisons se sont en quelque sorte rassemblées, imbriquées, soudées, fusionnées à l’emplacement pile de l’équateur. Bien sûr, elles ne sont absolument plus habitables et les pauvres propriétaires n’ont plus d’autre choix que d’en faire des lieux de visite pour les touristes étonnés, ou des rendez-vous pour fêtards du week-end qui veulent se mettre la tête à l’envers.

En savoir + : le site de mitad del mundo

eglisepoulet

GERJA AYAM (église poulet) – Indonésie

Lat :  7°36'20.44"S – Long : 110°10'50.03"E

En 1989, Daniel Alamsjah, un indonésien de 67 ans, catholique très pieux, entendit un message divin : Le Seigneur lui ordonna de bâtir un lieu de prière en forme de colombe, pour s’approcher au plus près des desseins du Très-Haut, au même titre que Noé avait entendu l’ordre Divin pour bâtir l’arche pour sauver l’humanité et les animaux. Daniel acquis quelques centaines de mètres carrés (pour 155 euros !) en haut d’une colline dans la province de Mageland au centre de l’île de Java et entreprit la construction du divin édifice. Hélas, au bout d’une dizaine d’années de galère, le beau projet de Daniel fut abandonné et ce qui devait être une splendeur architecturale rayonnante, devint la triste et ridicule église poulet, moitié ruine, moitié lieu de n’importe quel culte, depuis des bouddhistes, jusqu’à des catholiques égarés, en passant par la secte des adorateurs de l’œuf cosmique, les Brahmanda Purana (ou Brahman signifie cosmos et anda « œuf »).

Visiteurs réguliers aussi, quelques touristes lassés des splendeurs des temples du Borobudur et de Prambanan qui viennent s’esclaffer sur l’autel de l’église Poulet. Si Daniel Alamsjah est retourné guetter la parole divine dans une banlieue fétide de Jakarta, l’aventure de l’église poulet n’a pas été un échec pour tout le monde. Un certain Wasno, le chef du village qui jouxte la construction, et heureux propriétaire de nombreux terrains à proximité loue à prix d’or le parking des véhicules de tourisme ou des bus qui viennent s’arrêter pour faire la visite. Il est désormais la deuxième fortune de la province, et, hélas pour le denier du culte, il est musulman. Comme quoi, parfois, les messages divins sont difficiles à comprendre.

En savoir + : Le site dédié (en indonésien)

chateaumotte

Le château de la Mothe-Chandeniers – Vienne – France

Lat :  47° 5'32.19"N – Long :  0° 1'57.36"E

Construit dès le XIIIe siècle, l’histoire de ce château de la Mothe-Chandeniers ne commence réellement qu’en 1448, lorsque le seigneur de Champdeniers hérite du domaine qui échoit à l’un de ses représentants : François de Rochechouart. Petit nobliaux de province, il n’a jamais réussi à épouser une fille de son rang et dû se rabattre sur une roturière, Sylvette, fille du bucheron qui s’occupait des forêts d’alentour. L’union contre nature, en cette fin du XVe siècle ne se fit pas sans rejets de la part des quelques nobles qui fréquentaient encore un peu Monsieur de Rochechouart. Plus l’entourage du seigneur voyait d’un mauvais œil ce couple mal assorti (dont on disait d’ailleurs que la fille était une sorcière), plus l’amour de François pour Sylvette grandissait. Au fil des ans, aucune descendance ne vint égayer les couloirs obscurs du château et Sylvette, pour tenter de donner un semblant de vie aux vieilles pierres trop froides se mit à multiplier les plantations, en pots, en bacs, en vases. Elle fit rentrer la nature dans les douves et les mâchicoulis, les salles de garde et les donjons. Le château se vidait peu à peu de ses occupants, et, en retour se remplissait de verdure. François et Sylvette y trouvèrent un bonheur parfait, une paix immuable, et ce, jusqu’à la mort de Sylvette lors du triste hiver de 1502. François ne mit pas 6 mois à la rejoindre dans la tombe.

Le château fut repris par de vagues cousins de Rochechouart. Des travaux de restauration furent entrepris, mais, à chaque fois qu’un chantier prenait fin dans une aile, il fallait tout reprendre dans une autre, tant la végétation s’était accaparé les lieux. Au XVIIIe le château fut vendu, passa de mains en mains, revendu, avec à chaque propriétaire le secret espoir de pouvoir le réhabiliter, le reconstruire, l’habiter. Et, à chaque propriétaire, les impossibles chantiers finissaient par décourager les bonnes volontés et dilapider les fortunes. Au début du XXe siècle le château fut classé au patrimoine national, mais l’Etat ne chercha même pas à réhabiliter le château, au contraire, le château de la Mothe-Chandeniers est désormais célèbre pour être le seul édifice dont les châtelains sont des arbres, des arbustes, des fleurs, des herbes folles et une multitude de représentant du règne végétal, descendants directs de François et Sylvette.

En savoir + : Le site du château

A suivre...